OELa maniement de la sténotype Grandjean est simple et s'apparente à celui d'une machine à écrire : il suffit d'appuyer sur une touche pour imprimer une lettre. Aussi, la sténotype, comme la machine à écrire, comporte-t-elle des touches, dont chacune commande un caractère qui viendra s'imprimer sur le papier par l'intermédiaire d'un ruban encreur.
Cependant, la similitude s'arrête là :
Maintenant essayons de comprendre le fonctionnement de la machine.
De ces essais, vous pouvez déduire les constatations suivantes:
Voici d'une manière schématique le mécanisme de la sténotype Grandjean ; peu importe le modèle de machine dont vous disposez, le fonctionnement est le même dans tous les cas.
Vous pouvez maintenant commencer l'étude de la sténotypie.
On écrit syllabe par syllabe, suivant le son, sans se préoccuper de l'orthographe.
En les décomposant de gauche à droite, dans le sens de la lecture, les syllabes peuvent être formées:
Avec un nombre de lettres variable, tous les sons français peuvent être ramenés à une des quatre combinaisons ci-dessus (trou, fleur, loin) : pour cette raison le clavier de la Sténotype Grandjean, divisé au milieu par une touche triangulaire, groupe :
Sur ce clavier vous remarquerez que :
E est utilisée pour les sons é, è, ai, est, ez... En conséquence, quand vous voyez imprimée sur la bande un consonne isolée, vous la lisez comme si elle était suivie d'un e muet.y, elle représente le son je,y, ont une valeur double. On les appelle consonnes relatives car leur prononciation est procheComme nous l'avons vu précédemment, si l'on appuyait en même temps sur les 21 touches du clavier, on obtiendrait sur la bande et sur une seule ligne
Chaque caractère s'imprime toujours sur le même alignement, ce qui explique sur la bande sténotypée l'espacement entre les lettres auquel l'œil s'habitue vite.
Remarquez qu'en enfonçant en même temps deux touches placées l'une au-dessus de l'autre, telles que S et K, celle du haut s'imprime à gauche, ou si l'on veut avant celle du bas ; nous avons imprimé SK. Pour obtenir l'impression de KS il faudra deux frappes successives.
Si nous appuyons en même temps sur les deux touches situées respectivement à gauche et à droite de la touche du milieu, nous obtenons sur la bande le son LE (les, lait, lé) formé, de gauche à droite, d'une consonne initiale et d'une voyelle.
Pour obtenir le son el, elle, il faut appuyer en même temps sur les doux touches de droite : voyelle et consonne finale.
Pour une syllable comportant « consonne + voyelle + consonne », mon, par ex., cherchez sur le clavier les touches correspondantes en partant de la gauche et en allant vers la droite.
Posez la machine sur une table de hauteur telle que votre coude soit sur le plan du clavier.
Les tables ordinaires sont en général trop hautes. Si vous ne disposez pas d'une table — ou d'une tablette — d'une hauteur d'environ 70 cm, utilisez alors un siège plus haut ou surélevé, d'un coussin très épais. Evitez les mauvaises positions comme celles-ci.
Avant de commencer, asseyez-vous confortablement; si possible le corps appuyé au dossier de la chaise. Ne croisez pas les jambes et placez la machine, bien en face de vous, sur le bord de la table, afin de travailler sans fatigue.
Une fois bien installé(e), placez les dix doigts sur la rangée du bas, les mains de chaque côté de la touche médiane y. Chaque touche correspond à un doigt. Arrondissez les doigts comme un pianiste, les pouces bien avancés sur les touches L et E de chaque côté de la touche médiane.
Cette position, dite « position de départ » est celle que vous prenez automatiquement avant de commencer à taper et chaque fois qu'il y a un arrêt dans la dictée. L'habitude de placer les mains correctment vous permettra de trouver facilement les touches correspondant aux lettres que vous voulez imprimer.
Revenez à la position de départ après chaque frappe.
Apportez la plus grande attention à l'observation de cette règle, d'ailleurs facile à appliquer : un bon doigté s'ensuivra naturellement.
Mettez vos mains en place. Enlevez-les. Recommencez plusieurs fois de suite et sans regarder jusqu'à ce que chaque doigt se trouve automatiquement sur la touche qui lui correspond.
En faisant cet exercice, les doigts ne doivent pas être posés les uns après les autres mais en même temps. Veillez à ce que vos coudes soient près du corps et à maintenir vos poignets horizontaux.
Avant d'aborder la « frappe » rappelons que celle-ci a un double rôle:
Pour obtenir la bonne exécution de ces deux opérations, il faut :
Placez votre main droite sur le clavier dans la position de départ, le pouce bien avancé sur la lettre
E. Abaissez le pouce, marquez un temps d'arrêt à fond de course, puis laissez remonter la touche.Recommencez plusieurs fois en essayant de ne pas bouger les autres doigts; le pouce doit rester en contact avec la touche.
Faites trois fois cet exercice « enforcer-remonter » avec chacun des autres doigts.
Au début, tous les doigts ont tendance à se déplacer, mais vous devez arriver à obtenir leur indépendance : les pianistes et les dactylographes seront plus à laise dans ces exercices.
Enlevez la main droite et posez la gauche sur le clavier, doigts bien arrondis.
Faites les mêmes exercices qu'avec la main droite, successivement avec chaque doigt en commençant per le pouce.
Vérifiez sur votre bande si les caractères sont lisiblement imprimés et si le papier avance régulièrement d'une ligne.
Nous allons terminer ce chapitre par l'étude du clavier.
Commençons par la main gauche en nous rappelant qu'elle rapera les consonnes initiales et que le e muet est toujours sous-entendu.
Mettez la main gauche en place, le pouce bien avancé sur la lettre L, le poignet soutenu. Placez sur votre machine le tableau du clavier en celluloïd — ou en bristol — qui vous servira au début de votre étude pour trouver la lettre que vous devez imprimer. Si vous pouvez fixer ce tableau à la hauteur de vos yeux (tableau mural dans une classe), la position de votre corps sera correcte et vous ne prendrez pas la mauvaise habitude de regarder vos doigts.
Exercices de la main gauche. Rangée du bas.
En suivant horizontalement de gauche à droite, les touches de la rangée inférieure du clavier, écrivez successivement chaque lettre en tenant compte de sa valeur, avec le e muet, rappelée en italique à côté de la consonne :
C'est de la main gauche que dépend également la touche triangulaire
yqui signifie je.Sans déplacer la main, posez le pouce sur la touche je
yet frappez-la; remettez immédiatement après le pouce sur la touche leL.Tapez chacune des lettres suivants en ayant soin de ne pas lever les autres doigts.
Pour écrire d'une seule frappe deux ou plusieurs lettres, cherchez-les d'abord sur le tableau du clavier; poser les doigts sur les touches correspondantes et enfoncez-les en même temps sinon vous risquez que les lettres soient imprimées sur des lignes différentes.
Ecrivez d'une seule frappe les couples de lettres suivants :
Attention, pour frapper KR laissez les autres doigts en place.
Pour taper Ly (leje) on utilise un doigté spécial : index sur L (le), pouce sur y (je).
Enlevez votre main gauche pour la mettre au repos sur la table et posez votre main droite sur le clavier en arrondissant bien les doigts. Le poignet est bien dans le prolongement de l'avant-bras.
Exercices de la main droite. Rangée du bas.
Tapez successivement chaque touche de la rangée en regardant sur le tableau du clavier quelle valeur elle ou si vous voulez à quel son elle correspond.
Ereprésente tout l'éventail des sons é, è, ê, ai, aient, et, est, er, ez.Uest toujours et seulement u : fût, rue, dulqui ne se trouvera qu'à la fin d'une syllable peut signifier tantôt le, comme dans sel, tantôt re, comme dans mer.sdont vous remarquerez la forme un peu particulière S barré ou de f représente à la fin d'une syllabe
se-ze dans puce, mousse, rose, vase, et
fe-ve dans sauf, nef, grave, rive.cque ou gue à la fin de la syllabe : sec, gigue.
Conservez la main droite en place sur la rangée du bas, nous allons étudier la frappe des touches de la rangée du haut sans déplacer la main. Commençons avec l'index : avancez l'index sur la lettre A, immédiatement au-dessus de la touche U, enfoncez la touche et revenez en place. Essayez plusieurs fois de suite avec l'index d'écrire A, avec le majeur I et avec le quatrième doigt N (n ou m à la fin d'une syllabe).
Avant de commencer les exercices, rappelez-vous que le pouce ne frappe jamais sur la rangée du haut.
Exercices de la main droite. Rangée du haut.
Attention : pour taper le
O, passez l'index par dessus le pouce sans bouger celui-ci et revenez en place sur leU, rangée inférieure.Tapez successivement
O A O A I(avec le majeur).
n(4e doigt)D(de, te, 5e en essayant de ne pas remuer les autres doigts qui restent en place).
Après chaque frappe, vous devez automatiquement revenir en palce sur la rangée du bas : les doigts utilisés pour frapper doivent seuls se déplacer. Cette discipline est capitale car c'est elle qui vous permet d'acquérir rapidement la connaissance de votre clavier et par la suite la vitesse de frappe.
Puisque le pouce ne « monte » jamais sur la rangée supérieure, l'index le remplaçant, vous ferez attention d'exécuter correctement les frappes suivants:
O : l'index passe par dessus le pouce.OE : dans la même position que précédemment, le pouce et l'index frappent en même temps.OU : l'index et le pouce se croisent, index sur O, pouce sur U.Ol : l'index sur O, le majeur (doigt du milieu) enfonce la touche l en écartant bien les deux doigts.OUl : le pouce et l'index intervertis frappent OU et le majeur le l final.Bien entendu, vous pouvez frapper les deux touches l'une au-dessus de l'autre avec le même doigt, à l'exception du pouce comme nous l'avons déjà répété. Essayez pour Il. Nous disons que le doigt est à cheval sur deux touches.
Main gauche - Rangées du haut et du bas
Sse, ze : Avancez le petit doigt sur la touche supérieure en le laissant bien arrondi, frappez sans hésitation. Revenez en place surKque, gue. Recommencez plusiers fois de suite.Ppe, be : Faites comme précédemment en essayant de garder les autres doigts immobiles; ce sont évidemment les 4e et 5e doigts de chaque main qui sont les moins habiles, mais avec des exercices appropriés ils deviennent peu à peu indépendants.Tte, de : Tapez 3 fois la lettre en revenant chaque fois en place après chaque déplacement du majeur.*: L'astérisque nous servira au début pour séparer les mots ou les phrases. On l'utilise en effet pour la ponctuation et dans les langues étrangères.Nne : Attention, n'oubliez pas que le pouce ne « monte » jamais et passez l'index par dessus le pouce pour taper ne.Maintenant, tapez les groups de lettres suivants :
Nous avons étudié maintenant la totalité du clavier et nous allons terminer en écrivant des mots et des phrases synchronisant bien la frappe des deux mains.
Pour chaque syllabe :
De cette première leçon, retenez :
* pour séparer les phrases.FA SI LI TE en quatre frappes qui s'impriment successivement sur une bande verticale.Les principes d'écriture sont très simples : il s'agit essentiellement de se rapprocher le plus possible des sons. Pour cette raison, faites bien la différence entre le son in et un qui n'ont pas la même prononciation :
N'oubliez pas que le son EU est toujours représenté
Vous constatez que pour faciliter la relecture, on n'écrit pas les liaisons :
Lisez attentivement le cadre ci-dessous et tapez les mots donnés en exemple en séparant chaque groupe, article et nom commun, par une astérisque.
O, pouce sur le UO et tapez en même temps le l de droiteO, majeur sur I, annulaire sur nnss représente les sons se-ze et fe-veAu fur et à mesure de l'avancement du cours, on doit tenir compte de tout ce qui a déjà été expliqué précédemment.
Vous avez vu dans la précédente que l'on frappait syllabe par syllabe, on utilise bien entendu toutes les possibilités offertes par le clavier pour économiser une frappe :
Dans le même esprit, pour gagner une syllabe, le i devant une voyelle est remplacé par la lettre y :
Puisque la sténotypie se rapproche essentiellement du son, il faudra écrire :
Apprenez le tableau suivant en écrivant avec votre sténotype les mots correspondant à chaque son.
An représente tous les sons an, am, en, em :On représente les sons on et om :In représente tous les sons in, ain, ein :Un représente les sons un et um :En représente tous les en, enne, ène, aine, eine :Le son ch au commencement d'une syllable s'écrit SK.
Ces touches se trouvant l'une au-dessus l'autre doivent être frappées ensemble avec le bout du petit doigt (main gauche) à cheval sur les deux touches.
Comme vous le remarquez SK peut aussi servir pour toutes les syllabes qui commencent par sk, sc et squ ; l'éxperience montre qu'il ne peut y avoir aucune confusion dans un texte :
Lorsque le son ch se situe à la fin d'une syllabe il est représenté par sc (main droite, 4e et 5e doigts) :
Comme ci-dessus sc servira aussi pour les syllabes finales asque, esque, isque et usque.
A partir de maintenant, lorsque vous désirerez annuler une mauvaise frappe, tapez deux fois sur les finales : Ulsc Ulsc, et écrivez à nouveau et correctement le mot entier.
Ce groupe de lettres, très visible sur la bande, signifie : erreur, annulation.
Les voyelles nasales se représentent naturellement par An, In, On, Un. Ajoutez-y la finale c pour avoir ane ou ame, ine ou ime, one ou ome, une ou ume.
C'est simple :
En ce qui concerne les sons en, enne, aine, eine représentés par En si vouz y ajoutez la finale c vous obtenez tous les sons em, ême, aime :
Vous savez déjà utiliser le point ; voici les autres signes de ponctuation couramment employés :
Avant d'aborder un principe essential d'acquisition de vitesse, l'économie de frappe, vérifiez si vous avez bien assimilé les chapitres précédents.
Vous avez vu la représentation des voyelles nasales; comme le y remplace le i devant une voyelle, tout naturellement vous écrivez :
Et avec la finale c :
K représente les sons ke et gue, vous n'avez pas d'hésitation pour écrire :
Comme ces mots sont très rares, par extension on utilise toujours KN pour représenter gn :
De même, chaque fois qu'on peut économiser une frappe on n'écrit pas les lettres ou syllabes qui peuvent être supprimées sans nuire à la lecture :
On dit que la consonne l est mouillée quand elle est précédée de la voyelle i.
Pour représenter les sons mouillés, on conserve seulement le i — de droite — qui suit la voyelle ou la diphtongue et précède bien entendu la consolle l :
Vous n'avez pas oublié que le principe de base de la sténotypie est de suivre le son. On écrit de la même façon ce qui se prononce d'une manière identique. C'est pourquoi vous ne ferez pas de différence entre ail et aille, eil et eille, euil et euille, ouil et ouille :
Tous les sons ille s'écrivent yI
Comme pour les mots précédents (ail-eil-euil-ouil) vous voyez qu'on garde le i précède l mouillé.
Aln représente le son arneEln représente le son erneOln représente le son orneUln représente le son urneDans un chapitre précédent, nous avons signalé que pour gagner temps et vitesse on supprimait des frappes chaque fois que cela ne risquait pas de nuire ensuite à la lecture de la bande.
Lorsqu'une syllabe muette est la 3e ou à plus forte raison la 4e d'un mot, on peut la supprimer. Pour que cette suppression soit possible, il faut absolument conserver deux frappes :
Mais on écrira
Est-il utile de vous indiquer maintenant que les sons arme, alme, irme, ilme, orme, olme prendrone toujours la finale c. C'est la règle absolue pour tous lets mots se terminant par la syllabe me.
Alnc représente alme, armeElnc représente ermeIlnc représente irmeOlnc représente ormeL'utilisation préférentielle des consonnes de gauche facilite la lecture des bandes et évite les éventuelles confusions; cette règle est absolue pour la syllabe PT; pour les autres mots, l'élève a la faculté de les couper de la manière qui lui paraît la plus naturelle ou la plus facile.
mais
Si vous avez une hésitation sur la façon de décomposer en frappes certains mots, conformez-vous au son.
Les syllabes composées avec le son x se représentent différemment selon leur place dans le mot :
S représente xc à droite, S à gauchesc mis pour x, xeRemarque : Pour la clarté de la lecture, on doit frapper les quelques mots courts axe, taxe, fixe, boxe en deux frappes : Ac S (de gauche) ou Ac s (de droite)
Nous avons vu ( principe 8, chapitre 7 ) que l'on supprime la dernière syllabe muette des mots d'au moins trois syllabes pour économiser une frappe :
Mais cette suppression ne se justifie pas si le mot n'exige pas de frappe supplementaire :
Les mots se terminant par ps ou pse s'écrivent avec P initial et s final:
Lorsque le son gi se trouve devant une voyelle, on suppreme le i pour gagner une frappe :
Pour rendre plus claire la lecture des noms propres, des mots étrangers ou techniques, on différencie les sons à l'aide de l'astérisque. Ainsi :
Exemples :
Lorsque cela est nécessaire on peut épeler le mot en utilisant le code orthographique qui sera étudié dans le chapitre 17.
Dans quelques cas, très rares, on supprime la première consonne sans que cela gêne la relecture. C'est ce que l'on fait pour les mots qui commencement par ps, ts, tz
Et l'on écrira aussi phtysique :
Les nombres s'écrivent comme ils se prononcent. Toutefois, pour éviter tout risque de confusion, ils présentent entre eux au moins deux diffferences.*
10 = Ty ne peut pas être confondu avec 6 = SIs et permet d'écrire en une seule frappe 17, 18, 19.
* Entre SIs et SEs, il n'y aurait qu'une différence mais il y a deux différences entre SIs et SEIs.
Vous remarquerez aussi que 4 s'écrit KAD dans une énumération de chiffres, mais lorsque le chiffre quatre se trouve dans un texte il est préférable de l'écrire en deux frappes KA TR (conformément au principe 8 d'économie de frappe recommandé pour la 4e ou 3e syllabe d'un mot).
Les nombres ordinaux se décomposent en syllabes comme on les entend :
Mais pour suivre le principe d'économie de frappe on conserve la contraction pour :
Abréviations utilisées avec les chiffres :
En général le dicteur n'indique dans une lettre ou un rapport que les points et les points à la ligne; c'est au transcripteur de ponctuer son texte d'une manière intelligente. Il arrive pourtant qu'il soit indispensable de suivre strictement les indications de ponctuation lorsqu'il s'agit par exemple de textes littéraires ou juridiques.
Les signes de ponctuation sont abrégés et accompagnés de l'étoile. La tableau ci-dessous en présente la liste complète.
Les espaces ou « blancs » sont utilisés pour suggérer visuellement une séparation entre des groups des mots, et sont utilisés par exemple en poésie ou dans certains textes modernes.
Un des principaux avantages de la sténotypie est sa clarté. Gardez-vous d'y porter atteinte en utilisant des abréviations qui la compliqueraient inutilement.
Nous disons : inutilement, car vous n'augmenterez pas ainsi votre vitesse. Les plus grandes sont atteints par des praticiens qui, tous, appliquent strictement la méthode et leurs bandes pruvent être traduites même par un profane.
Nous insistons sur ce point, car la tentation est fréquente et le danger n'apparaît pas tout de suite. TAc TLO KRAs pour dactylographe, A MRI KIn pour américain ne semblent pas a priori offrir un grand inconvénient à la lecture, mais, une fois engagés dans cette voie, les élèves risqueraient d'arriver bien vite à de véritables absurdités. En tout cas, c'en serait fini de l'interlecture.
La vitesse vient par l'exercice persévérant : ce n'est pas une affaire de truquage.
Nous avons néanmoins adopté quelques abréviations pour les mots tout à fait courants dont voici la liste :
Lorsqu'on veut prendre l'orthographe exacte d'un mot, nom commun ou nom propre, on l'écrit d'abord d'après le son puis on met le ruban au rouge au moyen du bouton commandant le bicolore. On épelle lettre par lettre d'après le code orthographique; puis on remet le ruban au violet.
Si vous n'avez pas un ruban bicolore, détachez l'epellation par 2 astérisques avant et après.
La prise du courrier exige une connaissance parfaite des différents codes : ponctuation, chiffres, orthographe.
Avant la prise :
La sténotypiste veille à ce que le ruban bicolore ne soit pas en fin de course.
Il équipe la machine avec la bobinette ou le pad.
Pendant la prise :
Pour repérer facilement une lettre il donne à chacune un numéro qu'il porte sur la bande et qu'il relève sur un papier avec le nom du destinataire : 1. M. Dupont, 2. Etablissements Finet, etc.
Le texte sera pris en violet et les indications hors texte en rouge (noms épelés, adjonctions eventuelles).
Même si la ponctuation n'est pas dictée, il faut, autant que possible, indiquer les changements de paragraphe par trois étoiles :
Séparer chaque lettre par plusiers étoiles ou par le losange indiqué ci-dessous :
Exemple :
Monsieur ROUSSET
R O U S S E T
34, rue de l'Argenterie,
66190 COLLIOURE
C O L L I O U R E
Dans le chapitre 18, nous vous avons donné les indications générales pour la prise d'une lettre.
Si le dicteur désire apporter des modifications à son texte, trois cas peuvent se présenter.
Correction immédiate :
Pour changer le - ou les derniers mots : taper Ulsc deux fois et reprendre le texte avec le mot qui précède la correction.
Correction d'un ou deux mots déjà éloignés :
Adjonction, à un endroit déjà éloigné, de plusieurs mots ou d'une phrase entière
Chaque renvoi porte un numéro qui permet de l'insérer à l'endroit correct.
Si le ruban est unicolore, prendre toutes les indications en les séparant du texte à l'aide de nombreuses étoiles.
La plupart du temps, les statistiques, les tableaux de chiffres ne sont pas dictés : ils sont remis au secrétaire.
Il est bon, néanmoins, d'être capable de prendre non seulement des chiffres mais des tableaux avec toutes les indications nécessaires pour la transcription.
Ces indications seront prises en rouge, tout ce qui doit être reproduit étant en violet. Si la machine n'est pas équipée avec un ruban bicolore prendre les indications en les séparant par une astérisque.
Indications à préciser par le dicteur sur la présentation du tableau :
Exemple :
| Villes | Demandes d'emplois |
Offres d'emplois |
Offres satisfaites |
|---|---|---|---|
| Varengeville | 234 | 170 | 99 |
| Augirein | 1089 | 1194 | 813 |
| Engomer | 116 | 86 | 29 |
Titre du tableau en majuscules
Relevé des placements effectués
Tableau complètement encadré
dicté horizontalement
comportant 4 colonnes dont la première
est le double de chacune des suivantes
Titre des colonnes
Villes * Demandes d'emplois *
Offres d'emplois * Offres satisfaites ***
Tirer un trait sur toute la longueur
du tableau pour séparer les titres du texte
Varengeville
V A R E N G E V I L L E
* 234 * 170 * 99 ***
Augirein
A U G I R E I N
* 1089 * 1194 * 813 ***
Engomer
E N G O M E R
* 116 * 86 * 29 ***
Fin du tableau
Règle : L'étoile est employée systématiquement pour différencier les consonnes voisées.
* ze y compris pour raison, besoin, etc.
Exceptions :
*Ly impossible :*N impossible :Règle : Le son sque en fin de mot s'écrit toujours sc.
Règle : Le son xe à la fin d'un mot comportant 1 ou 2 syllabes s'écrit toujours en deux frappes : c final + S initial. Le son xe à la fin d'un mot de 3 syllabes ou plus s'écrit en une frappe s final + c final (sc)
Règle : Le son che à la fin d'un mot comportant 1 ou 2 syllabes, ou placé à l'intérieur d'un mot, s'écrit toujours en revenant à gauche avec SK. Le son che à la fin d'un mot de 3 syllabes ou plus s'écrit en une frappe sc
Cette règle étant respectée, la césure des mots ne pose plus de problème de transcription entre :
quelques ambiguïtés subsisteront toutefois, par exemple entre détache et détaxe qui s'écriront tous deux T*E TAsc...
Règle : Le son com dans un mot de 3 syllabes ou plus peut être codé en sténotypie avec les seules lettres KM.
Attention donc aux mots courts :
Règle : L'orthographe té terminant un nom de 4 syllabes ou plus peut être codée D final ajouté à la syllabe précédente. (ne s'applique pas aux verbes)
Mais :
Abréviation inspirée de cette règle :
Règle : Le son sion placé derrière une voyelle et terminant un mot de 4 syllabes ou plus peut être codé en ajoutant le c final à la syllabe précédente. (ne s'applique pas aux verbes)
... mais on écrit toujours :
Abréviation inspirée de cette règle :
Règle : Deux voyelles identiques (a, e, i, o, u) suivant une consonne et enserrant une consonne simple ou double, dans un mot conportant 4 frappes de sténotypie ou plus, peuvent être contractées en une seule voyelle placée derrière la seconde consonne. On omettra l'étoile sur la première consonne si cela permet la contraction.
Mais on continue à écrire :
La règle peut s'appliquer plusieurs fois dans le même mot :
En additionnant les règles 6, 7 et 8 on obtient :
mais on peut n'en appliquer qu'une ou deux dans un même mot, si on estime que cela facilite la frappe :
OERègle : Le son OE se code toujours en deux frappes.